La rhinoplastie : le point sur la chirurgie plastique et réparatrice du nez

Pourquoi fait-on une rhinoplastie ? Comment se déroule l'intervention ? Quels sont les résultats ? Les réponses.

Il s'agit d'une opération qui concerne le nez. Elle se propose de le rectifier selon la demande du patient insatisfait de son apparence. Ce nez, que l'on veut transformer, peut souffrir d'une disgrâce naturelle que l'on supporte depuis l'enfance ou l'adolescence ou d'un traumatisme qui en a abîmé la beauté ou encore d'une déviation de la cloison qui gêne la respiration.

   

Diverses disgrâces...

 

- Certaines disgrâces nécessitent un remodelage: cela peut concerner les nez comportant un creux marqué (ensellure), une pointe trop fine, trop courte, ou trop peu projetée.

La rhinoplastie d'augmentation, comme son nom l'indique, vise à redonner du volume à un nez souffrant d'une ensellure importante ou manquant de projection (que cela peut concerner l’arête ou la pointe…).

- Un défaut que beaucoup de patients ne supportent pas, c'est un nez à l'allure trop imposante par rapport à l'architecture du visage, un nez trop long ou trop large. Il s'agit alors de faire une rhinoplastie de réduction qui peut s'associer avec la correction d'une bosse du dorsum (arête nasale) ou tout autre remodelage comme une pointe trop épaisse séparée par un sillon central (aspect bifide)…Tandis que d'autres patients peuvent être affectés de narines dilatées.

   

Corriger les disgrâces sans laisser de traces...

 

C'est le but de tout chirurgien: faire en sorte que le résultat soit beau mais que personne, sauf les initiés, ne puisse dire que c'est un nez "refait".

Il existe plusieurs approches, chaque chirurgien ayant la sienne, mais il n'existe que deux possibilités d'intervenir, soit en opérant par l'intérieur du nez, soit en effectuant une rhinoplastie dite « ouverte ».

Chaque intervention présente des avantages, celle qui travaille à l'intérieur du nez ne laisse aucune cicatrice externe; celle qui est "ouverte" permet de mieux voir la zone opérée (notamment de mieux « travailler » la pointe) tout en laissant une cicatrice minime au niveau de la columelle (située entre les deux narines).

On peut aussi, dans le cas de correction de narines dilatées (trop grande circonférence des narines), réaliser une « résection narinaire » en incisant dans le sillon narinaire, entre la joue et la narine, ce qui laisse une cicatrice quasiment invisible.

Le chirurgien peut intervenir soit sur les os propres du nez (os situés aux tiers supérieurs du nez), soit sur les cartilages, soit sur les deux.

Quelques exemples:

- Dans le cas d’une rhinoplastie de soustraction, si la bosse est minime, il peut avoir à râper simplement une bosse sur l'arête nasale.

- Dans les cas ou la bosse est très importante (bosse dont le retrait laisserait un nez trop large), le plasticien peut avoir à fracturer les os propres du nez et à ôter du cartilage en surplus situés à la partie moyenne nez pour un affinement plus global. 

- Dans le cas d’une rhinoplastie d’addition, il peut greffer du cartilage sur l’arête et/ou sur une pointe de nez qui manque de projection après avoir prélevé ce cartilage soit dans la cloison nasale du patient, soit dans un cartilage de l'oreille (ce qui évite les rejets).

Le chirurgien vérifie systématiquement l'état de la cloison nasale en fin d’intervention afin de s’assurer qu’elle n’est pas déviée (ou une autre anomalie nasale telle qu’une gène de la perméabilité des sinus), et ce, même s'il s'agit au départ d'une intervention à but purement esthétique. Un éventuel élément obstruant les voies respiratoires (le plus fréquemment la cloison déviée) est soit rectifié soit retiré.

   

Chirurgie esthétique et risques ?

 

Il n'y a pas de chirurgie sans risques mais les professionnels s'attachent à les réduire au maximum. Les suites directes de l'intervention et l'évolution probable du nouveau nez doivent être exposées en consultation. Le rendez-vous avec le médecin anesthésiste au moins 48h avant l'opération est obligatoire. Celui-ci pose toutes les questions essentielles concernant la santé du patient, les médicaments à éviter, les habitudes concernant alcool et cigarettes à oublier...

Le recours à un praticien habilité c’est à dire à un chirurgien esthétique ou à un orl diplômé est une nécessité et permet de diminuer considérablement les risques. Le cas échéant, celui-ci saura traiter les saignements ou hématomes qui pourraient advenir, les infections (rares) et assurer un suivi précis et personnalisé.

 
 

Les suites de l'intervention

 

Le lendemain de l'intervention, le chirurgien enlève les mèches placées dans les narines.

Il s'assure que l'attelle qui protège le nez ne va pas le blesser. Celle-ci doit être portée pour une durée de 6 à 7 jours. Les douleurs d'une rhinoplastie sont quasiment inexistantes et l'inconfort principal vient du fait de la gène respiratoire transitoire et sans gravité aucune. S'il a effectué une opération ouverte, le plasticien enlèvera les fils vers le sixième jour en même temps que l'attelle. Les possibles oedèmes ou ecchymoses disparaissent rapidement.

 

 

 

L'évolution du nouveau nez

 

Le résultat est très vite visible et déjà satisfaisant quelques jours après le retrait du plâtre. Il le sera encore plus au bout de 6 mois à un an, le temps de laisser la peau épouser les nouvelles structures osseuses ou cartilagineuses. A ce moment-là, le patient pourra pleinement profiter de son nouvel aspect.

Les rhinoplasties figurent parmi les interventions les plus sophistiquées et les plus subtiles de la chirurgie esthétique. Le nez occupant une place stratégique au milieu du visage, cette opération réalisée par un chirurgien habilité, offre souvent des résultats spectaculaires lorsqu’il existe de véritables arguments anatomiques, permettant à l'opéré(e) de retrouver une harmonie naturelle avec un résultat toujours personnalisé.

   

Par le Docteur David Picovski, chirurgie réparatrice et esthétique, qualifié par l’Ordre des Médecins