Réduction mammaire : avant-apres

La plastie de réduction mammaire est une opération destinée à corriger les seins trop lourds. C'est la deuxième intervention la plus pratiquée en chirurgie réparatrice après la réparation abdominale.

La plastie de réduction mammaire est une opération destinée à corriger les seins trop lourds. Ce surpoids est lié à un excès de glande mammaire pouvant s’accompagner d’un excès graisseux.

L'excès de volume des seins provoque très souvent un affaissement des seins. La correction de la chute de la poitrine, ou traitement de ptôse mammaire est donc fréquemment associée à la plastie mammaire de réduction.


Un bénéfice esthétique et physique

Cette opération peut être classée en chirurgie esthétique, mais aussi en chirurgie reconstructrice, l'hypertrophie mammaire entrainant des gênes aussi bien esthétiques que physiques: douleurs au niveau du dos, de la nuque et des épaules. La réduction mammaire est la deuxième intervention la plus réalisée en chirurgie plastique et réparatrice, après l'abdominoplastie.

Une prise en charge par l’assurance maladie est possible. En effet, la sécurité sociale prend en charge cette opération lorsqu’il agit d’une « véritable hypertrophie » pouvant engendrer une gêne fonctionnelle (douleurs dorsales) et considère comme critère un volume enlevé supérieur à 300 grammes par sein (ce qui correspond en général à la diminution d’un ou de 2 bonnets).

L’intervention en pratique

L'absence de contre-indications à l'intervention est vérifiée. Un bilan pré-opératoire est effectué selon les prescriptions. Une visite avec le médecin anesthésiste est programmée au moins 48 h avant l'opération.

L'opération s'effectue sous anesthésie générale et sa durée est d'environ 1h30. L'hospitalisation dure en moyenne de 1 journée à 2 jours, selon les patients et notamment l'importance de l'hypertrophie à corriger.

La stratégie d'intervention est déterminée lors de la consultation pré-opératoire. Les composantes glandulaires et graisseuses du sein sont évaluées, ainsi que l'élasticité cutanée. Le chirurgien plasticien s'entend avec la patiente sur le volume à ôter, et le résultat escompté notamment sur le futur galbe du sein et la position de l’aréole.

Le chirurgien ôte l'excès de tissu glandulaire, qui est systématiquement envoyé en analyse. La glande mammaire est reconcentrée pour un sein regalbé. L'excès de peau est retiré, l'aréole est repositionnée (ascensionnée), et le chirurgien procède au redrapage du sein. Les cicatrices d'incisions vont avoir une longueur qui va dépendre de l'importance de la correction à effectuer (volume retiré et degrés de la ptôse). Il s'agit le plus souvent d'une cicatrice verticale (la plus discrète) ou d'une cicatrice en "T" inversé. Le choix de l'incision est déterminé lors de la consultation pré-opératoire entre le chirurgien esthétique et la patiente.

Quand réaliser une réduction mammaire ?

Une réduction mammaire est possible dès la fin du développement mammaire, c'est à dire après 17 ou 18 ans. Néanmoins, il est préférable d'attendre le terme de ses grossesses avant d'envisager une plastie mammaire de réduction, car une grossesse pourrait modifier le résultat esthétique de l'opération. Un allaitement ultérieur est possible après une réduction mammaire, mais non garanti à 100 %: cela va dépendre de l’importance de la réduction glandulaire mais aussi de la capacité des canaux galactophores à se régénérer après l'intervention suite au déplacement de la plaque aréolo-mamelonnaire.

Les suites de l'intervention

Les douleurs post-opératoires sont faibles à modérées et sont aisément estompées avec la prise d'antalgiques classiques.

Des soins adaptés à apporter aux cicatrices d'incisions doivent être observés. L'éviction du soleil pendant une année est de rigueur si la poitrine est exposée sans maillot de bain, ceci afin de ne pas entraver le processus de cicatrisation, qui est un processus lent. En effet, une exposition pourrait aboutir à un trouble de la coloration des cicatrices (dyschromie). Une simple application d’écran total indice 50 suffit dans ce cas à prévenir ce risque.

La survenue d'un oedème suite à l'opération est normale. Sa résorption s'effectue au bout de quelques semaines. Les ecchymoses (bleus) disparaissent après quelques jours.

Une diminution transitoire et parfois asymétrique de la sensibilité des aréoles peut se présenter durant les premières semaines.

La patiente doit éviter tout effort physique intense et violent durant le premier mois. Le port d'un soutien-gorge adapté à la nouvelle morphologie de la patiente doit être observé pour la durée de 3 à 4 semaines.


Les complications possibles

Effectuée par un chirurgien expérimenté et compétent, exerçant dans une clinique agrée, l’intervention de réduction mammaire ne présente que de rares complications. Les examens pré-opératoires permettent de diminuer considérablement les risques. Néanmoins, les patientes doivent nécessairement être informées des risques d'infections, de phlébite, d'embolie pulmonaire, d'hématome, de souffrance cutanée (nécrose notamment en cas de tabagisme), des risques de cicatrices hypertrophiques ou chéloïdes.

Les risques d’un défaut de résultat induisant une reprise au bloc sont rares dans les mains d’un chirurgien expérimenté: asymétrie, une correction insuffisante ou au contraire une hypercorrection.

Les résultats

Les résultats sont appréciables immédiatement mais ne sont définitifs qu'au bout de plusieurs mois, le temps que les tissus mammaires s'assouplissent, que l'oedème se résorbe et que la maturité cicatricielle soit aboutie. Un galbe harmonieux et esthétique est retrouvé, la gêne à l'habillement est oubliée et la patiente retrouve un confort physique notamment au niveau des douleurs dorsales.