Les bienfaits des climats tempérés

J'étais il y a quelques semaines aux Pays-Bas, à Rotterdam précisément, qui n'est pas une ville très sexy, il faut bien l'avouer. Ce qui n'est pas le cas de mon amie Kim qui ne se sépare jamais de ses stilletos même par temps de neige, même pour enfourcher son vélo, même pour arpenter les trottoirs glacés...

Alors que nous devisions sur l'hiver qui n'en finissait pas, la mimi Kim me racontais un peu des mœurs et coutumes de ses congénères danoises. Et il en est une, directement liée au climat, qui m'a amusé. Il semble que par un phénomène inexplicable les Hollandaises se muent toutes en même temps de miss yétis emmitouflées dans leurs doudounes en sirènes à micro jupes et décolletés...

Au printemps, à un moment impossible à situer précisément sur un calendrier, ces filles du froid répondent à un appel inconscient et descendent dans les rues jambes nues. Cela arrive, parait-il, dès qu'un rayon de soleil perce les nuages de l'hiver. "C'est dingue, mais un jour, sans prévenir, tu sors et tu te rends compte que toutes les filles de la ville ont, comme toi, mis une jupe, sans collant. Toutes au même moment, sans en avoir parlé au préalable, c'est presque hormonal et ça reste pour moi un vrai mystère", m'expliquait Kim en ajoutant que les hommes, qui ne sont pas préparés à un tel choc, se transforment alors en loups à la Tex Avery !

Et bien moi, chères lectrices du JDF, je me félicite de vivre en France, sous un climat tempéré. La transition entre le froid hivernal et les beaux jours du printemps est plus douce. Et c'est bien plus drôle ! Car, chez nous, cette période peut durer plusieurs jours, voire même des semaines. A la lisière de l'hiver et du printemps, c'est un plaisir de gourmet que de vous regarder, les filles, alors que vous ne savez pas sur quel pied danser en mettant le nez dehors. J'adore cette période d'incertitude durant laquelle je croise dans la rue aussi bien celles qui ne se sont pas résignées à lâcher leurs bottes et leurs manteaux, que celles qui ont déjà opté pour les sandales et la jupette. Les prudentes toisent les audacieuses qui se demandent si elles ont bien fait d'oser sortir sans écharpe. Les couvertes veulent encore exhiber la robe en laine achetée aux soldes d'hiver alors que les courtes vêtues crânent avec la nouvelle collection printemps-été tout en grelottant un peu...

 

C'est un spectacle que nous autres, les hommes, pour qui le port du jean s'estompe seulement quelques jours au mois d’août au profit du short de rigueur sur la cote basque ou d’Azur, ne nous lassons pas de regarder. Et puis, il faut bien l'avouer, cela nous donne l'occasion de jouer à un petit jeu de paris sportifs dont vous n'avez sans doute pas conscience mais qui fait une rude concurrence au PMU...

Allez, je vous dis tout. Histoire de vous affranchir. Au mois d'avril, lorsque au bureau vous voyez des garçons s'échanger des billets de 5 euros tout en suivant des yeux vos jambes encore gansées d'un collant, vous l'ignorez sans doute, mais ils ne règlent pas leur café. Ils misent sur la probabilité que vous n'ayez pas encore trouvé le temps de passer dans un institut de beauté pour faire disparaître la fine toison qui a prospéré insidieusement durant l'hiver sur des jambes bien protégées des regards !

Le principe : parier sur le nombre de jours avant de vous voir débarquer tout sourire et jambes à l'air au bureau (généralement un lundi, le week-end ayant été propice à une épilation en règle !). Et j'en connais quelques-uns qui sont si habiles à ce petit jeu qu'ils arrivent facilement à doubler leur salaire du mois en misant juste sur le nombre de jours que Paulette va tenir avant de tomber les collants... Voilà, maintenant vous comprendrez mieux pourquoi les garçons pouffent bêtement de rire à votre passage au début du printemps. Oui, je sais, c'est bête un garçon. Ça s'amuse d'un rien.

Bonne semaine (dans l'œil de Charlie...).