Beauté
14/01/2005
Marionnaud : comme un parfum de crise
Li Ka-Shing. En France, ce nom n'évoquait pas grand-chose jusqu'à ces dernières semaines. En Asie, en revanche, tout le monde connaît celui qu'on a surnommé "Superman". Ce milliardaire de Hong-Kong, self-made man qui a débuté en vendant des fleurs en plastique dans la rue, s'apprête aujourd'hui à conquérir la France. Son arme : le rachat du parfumeur Marionnaud, contraint à vendre par de graves difficultés financières. Tout commence le mois dernier, lorsque la publication des résultats financiers du groupe est repoussée à plusieurs reprises. Des rumeurs commencent à circuler. Quand les comptes sont finalement dévoilés, le 17 décembre, c'est la stupeur : Marionnaud, entreprise jusque-là extrêmement florissante, annonce soudain une perte nette de 79 millions d'euros. Principale accusée, la comptabilité douteuse du groupe, qui a par exemple omis de déduire des comptes les remises faites aux clients. En Bourse, l'action s'effondre immédiatement : de 70 euros à son sommet (fin 2000), elle chute jusqu'à 13 euros. C'est alors que Li Ka-Shing et son groupe, Hutchison Whampoa, entrent en scène. Grand magnat des cosmétiques, mais aussi des médias, de l'immobilier, du cinéma et de bien d'autres domaines encore, le Chinois possède plusieurs chaînes des magasins de beauté en Asie, mais aussi en Europe (Grande-Bretagne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne...). Le rachat de Marionnaud lui donne d'un coup 1 300 points de vente supplémentaires dans toute l'Europe, et fait de son groupe le premier distributeur de parfums au monde. Marionnaud trouve aussi son avantage à cette transaction qui rachète les actions à un cours avantageux, voire "inespéré" selon les analystes financiers. Marcel Frydman, le créateur de Marionnaud, aurait même droit à un poste honorifique dans la nouvelle direction. Aux côtés de "Superman".
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